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Passionnée depuis toujours par le Vietnam, et ses chansons aux textes si poétiques ...

Aujourd'hui c'est par le chant que j'aime exprimer tout mon amour pour ce pays...


J'espère à travers mes chansons, vous faire rêver et voyager à travers le Vietnam ...
J'ai créer ce blog afin de partager mon amour pour le Vietnam...
ma passion pour les chansons Vietanmiennes que j'aimerai faire connaître autour de moi ...


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Si vous avez une question à me poser ... Une suggestion une idée à partager ... Voici mon livre d'or que je vous invite à signer...De tout coeur Merci...

Légendes Vietnamiennes

Mardi 16 juin 2009

Tous les matins, dès l'aube, Da Trang le chasseur quittait sa paillote et s'enfoncait dans la foret, avec son arc et ses flèches, pour ne rentrer que le soir, avec les bêtes qu'il avait tuées.

Dans la journée, il lui arrivait de passer devant un sanctuaire et de rencontrer dans les environs deux serpents noirs tachetés de blanc. Au début, il en avait peur, mais comme ils ne lui faisaient aucun mal, il s'habitua vite à leur présence ; il finit par comprendre que c'étaient des serpents-génies, et déposa régulièrement du gibier au pied de l'autel.




Un jour, en s'approchant, Da Trang entendit un grand bruit de feuilles et d'herbes fouettées. Il accourut et, voyant les deux serpents noirs attaqués par un serpent jaune bien plus gros qu'eux, il prit son arc et tira sur ce dernier, qui fut blessé à la tête et s'enfuit. L'un des deux serpents noirs se lanca à sa poursuite, tandis que l'autre, grièvement mordu, mourut peu après. Da Trang l'ensevelit soigneusement derrière le sanctuaire.



La nuit, un génie lui apparut et lui dit :
''Vous m'avez sauvé des crocs de mon ennemi et vous avez rendu les derniers devoirs à ma femme. Voici le témoignage de ma gratitude. ''

Et Da Tràng vit le génie se transformer en un serpent : il ouvrit largement sa gueule et laissa tomber une perle qui luisait dans la nuit.

Da Trang avait toujours entendu dire que la possession d'une perle de serpent génie permettait aux hommes de comprendre le langage des animaux ; il la mit donc dans sa bouche le lendemain matin avant de partir en chasse.



À peine entré dans la foret, il entendit une voix qui descendait d'un arbre :
''A droite, à deux cents pas, qui voit un daim ? A droite, à deux cents pas, qui voit ?''

C'était un corbeau qui le conseillait ainsi; Da Trang l'écouta et, quand il eut abattu sa proie, l'oiseau cria :

''N'oubliez pas ma récompense ! N'oubliez pas !''

Da Trang s'apercut que de son côté le corbeau le comprenait. À sa question ''Que veux-tu ?'' l'autre répondit : ''Les entrailles ! Seulement les entrailles !''

Da Trang ne manqua pas de s'acquitter. Le lendemain, le corbeau revint et le renseigna de nouveau, et c'est ainsi qu'ils devinrent associés, Da Trang prenant toujours soin de déposer en un endroit convenu la part de son compagnon.

Un jour, cette part fut dérobée par quelque bête avant l'arrivée du corbeau. Celui-ci crut à un oubli de Da Trang et vint se plaindre chez lui. L'homme protesta, tous deux finirent par se disputer ; le corbeau se mit insulter Da Tràng, et celui-ci, dans sa colère, lui décocha une flèche empoisonnée. Mais l'oiseau sut l'éviter et, s'envolant à tire-d'aile, il ramassa la flèche à l'endroit où elle était tombée, criant:

''On se vengera ! On se vengera !''


Quelques jours après, Da Tràng fut arrêté : on avait découvert sur le corps d'un noyé la flèche empoisonnée marquée à son nom. Malgré ses protestations, il fut jeté en prison.

Quelqu'un qui fut bien étonné, ce fut le geôlier de notre chasseur : il l'entendit rire et parler tout seul. Il le crut fou, alors que Da Tràng causait tout simplement avec les bestioles de sa cellule, priant les moustiques et les punaises de ne pas le piquer, ou répondant à leurs appréciations sur la peau des prisonniers qui l'avaient précédé dans ces lieux...



Une fois, il surprit une conversation entre qui racontaient comment plusieurs des greniers royaux, mal gardés, avaient été vidés par eux. Da Trang demanda immédiatement à voir le gouverneur de la prison. D'abord sceptique, ce dernier finit par signaler le fait et l'on s'apercut que Da Trang n'avait pas menti.

Peu après, des fourmis qui transportaient en hâte leurs oeufs et leurs provisions dans les endroits élevés, interrogées par Da Trang, lui annoncèrent qu'une grosse crue était imminente.

Prevenu, le gouverneur s'empressa cette fois d'en référer au roi, qui fit prendre d'urgence les mesures nécessaires. Trois jours plus tard, les eaux du grand fleuve montèrent rapidement et débordèrent, inondant d'immenses régions. * Le roi fit alors venir Da Tràng. Il apprit de sa bouche toute la vérité, depuis l'histoire des serpents jusqu'à la vengeance du corbeau, et put examiner la perle miraculeuse. Émerveillé, il vit immédiatement tout le parti qu'il pouvait en tirer dans l'intérêt général. Il comptait aussi découvrir pour son compte plus d'un secret de la nature et des merveilles ignorées du reste des hommes. Mais il ne voulut pas priver Da Tràng de sa perle et le garda près de lui, le consultant souvent, se faisant répéter tout ce qu'il entendait.


Da Tràng vécut ainsi heureux entre son roi et les animaux de toute sorte, depuis les plus petits jusqu'aux plus grands, ceux qui volent, ceux qui marchent, ceux qui rampent. Au début, le roi se passionnait pour ces conversations, et y consacrait. une bonne partie de son temps. Il s'apercut que les bêtes ne sont pas aussi simples qu'on le croit, que les hommes ont tort de les mépriser, à moins de se mépriser aussi eux-mêmes car elles leur ressemblent étrangement et chaque espèce forme un monde avec ses absurdités, ses cruautés et ses misères, tout à fait comparables à celles qui ornent les sociétés humaines.

Puis il se lassa vite d'écouter ces bavardages. Dans l'espoir d'autres découvertes, il emmena Da Tràng avec lui dans de longues promenades en mer. Ils interrogèrent les poissons les plus divers, mais là encore, les entretiens intéressants étaient rares, et le roi ne tarda pas à constater que, tout comme les animaux de la terre, les habitants des eaux parlaient le plus souvent pour ne rien dire ou seulement pour faire du mal.


Par un beau matin de printemps, laissant Da Trang se reposer à l'ombre d'une voile, le roi suivit des yeux les ébats d'une bande de dauphins. La brise ridait le calme visage de la mer, ensoleillée et faisait courir des paillettes éblouissantes.

Tout à coup, Da Tràng prêta l'oreille et se pencha au-dessus de l'eau : une seiche nageait à côte de la barque royale et, tout en nageant, elle chantait d'un air joyeux :


Nuage, nuage blanc,
Qui nage, nage, lent,
Dans les eaux bleues du ciel.

C'était si drôle, cette seiche qui chantait en se balancant en cadence, presque à la surface, que Da Tràng éclata de rire : la perle glissa de sa bouche et tomba dans la mer.


L'émotion du roi fut vive, sans égaler le désespoir de Da Tràng. On nota l'emplacement, fit venir les meilleurs plongeurs du royaume, mais leurs recherches furent vaines, comme on pouvait le prévoir.

Si le roi en éprouva des regrets sincères, ils ne furent pas durables : il avait ses occupations et d'autres distractions. Mais Da Tràng, lui, demeura inconsolable. Il y pensa jour et nuit, ne prit plus gout à rien, et malgré les bontés du monarque, qui n'oubliait pas les services rendus, il pleurait sans fin l'irréparable perte.

A force de retourner dans son cerveau affaibli les moyens de retrouver son bien, il concut l'idée de combler la mer. Il rassembla toute une armée d'ouvriers, qui chaque jour déversèrent sur la plage des centaines de charrettes de sable. Le roi le laissa faire d'abord par indulgence. Puis il dut arrêter la tentative insensée.

Da Tràng se rongea et mourut sans avoir recouvré toute sa raison. Il exigea d'être enseveli à l'endroit même où il surveillait les travaux de comblement, face à la mer qui lui avait ravi son trésor.


Quand vous serez au bord de la mer, allez sur la plage, de bon matin, à la marée descendante ; vous y remarquerez d'innombrables petites boules de sable c'est l'oeuvre des crabes da-tràng, qui pullulent sous vos pas et qui, à la moindre alerte, disparaissent dans leurs trous. À l'aide de leurs pinces, ils roulent très rapidement le sable en boule, mais une seule vague suffit pour détruire tout leur travail. lls recommencent à creuser et à rouler, infatigables, amassant pour le temps qui dure jusquà la vague suivante.

On dit que l'âme inconsolée de Da Tràng, passée dans ce peuple de crabes minuscules, ne cesse de penser à la perle magique et poursuit sa tentative de combler la mer.


Da Tràng xe cat bê dông
Nhoc minh mà chang nên công can gi.
. . . . . . . . .
Le da-tràng charrie du sable dans la Mer de l'Est
Il peine et se dépense pour un résultat nul.




Ce proverbe en deux vers est cité chaque fois qu'on voit un homme se lancer dans une entreprise impossible, oubliant la mesure de ses forces et sa pauvre condition humaine. Nous disons encore plus brièvement : công da tràng, peine, labeur de da-tràng, pour qualifier des efforts dépensés en pure perte, et qu'on aurait pu s'épargner, avec un peu de sagesse et de modération.

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Dimanche 7 juin 2009

Jadis, un jeune bûcheron nommé Cuoi avait l'habitude de partir couper du bois avant l'aube



Un matin ou il avançait dans la semi-obscurité, il entendit à ses pieds des miaulements étranges. Pris de peur, il abattit sa cogné au hasard.
Aussitôt, un rugissement terrible se mit à retentir, Cuoi n'eut que le temps de grimper jusqu'au fait de l'arbre.


Au jour il vit que sa cogné avait frappé à mort quatre petits tigres. La mère bondissait en hurlant de douleur. Cuoi se garda bien de descendre et continua d'observer l'animal. Il vit alors la tigresse se diriger vers un arbre proche, arracher quelques feuilles d'une plante, les mâcher et, revenant vers les petits inanimés, introduire cette pâte entre leur leurs dents. O miracle ! Les petits agitèrent leur queue et se redressèrent.


Cuoi attendit que la mère les ait emporté pour descendre. Il déterra la plante et l'emmena chez lui. Sur son chemin il vit un vieux mendiant qui venait de mourir. Cuoi mâcha quelques feuilles qu'il introduisit dans la bouche du vieillard. Aussitôt celui-ci fut sur son séant et questionna Cuôi.

L'ayant écouté il dit :
           -  Terre, Ciel ! C'est la plante qui ressuscité les morts. Le Ciel vous la donne mon enfant pour aider vos semblables, faites en bon usage. Veillez seulement à ne lui donner que de l'eau pure, sinon elle s'envolera ...

Et le vieil homme disparut. Cuôi repiqua la plante à l'Est, dans son jardin et l'arrosa avec de l'eau clair de son puits. Dès lors il ne cessa de sauver ses semblables jeunes et vieux.  Sa réputation s'étendit à tous le pays, mais il restait solitaire.


Un jour Cuôi vit le cadavre d'un chien flottant sur la rivière. Il prit une feuille qu'il avait dans sa poche et le ranima, il n'eut pas de meilleurs amis.

A quelques temps de là, un notable du village voisin vint trouver Cuôi pour sa fille qui venait de se noyer : Cuôi se précipita. Bientôt, les roses de la vie remplacèrent la pâleur de la mort sur le visage de la jeune fille.

Reconnaissante, elle voulu bien épouser Cuôi et le notable accepta. Cuôi, sa femme et son chien étaient heureux quand de mauvais gens tuèrent la jeune femme, lui arrachèrent les entrailles qu'ils jetèrent dans le fleuve.

Cuôi rentrant de la forêt devint fou de douleur, il eseya de ranimer sa femme, mais comment vivre sans ses intestins ? Alors le brave chien dit  "Prend les miens" ce que fit Cuôi. L'opération réussit et la femme revint à la vie. Ému de la fidélité de son chien Cuôi lui modela des intestins de terre.


Toute la famille vivait à nouveau dans la paix quand, une après midi ou Cuôi était allé couper du bois, la jeune femme éprouva le besoin d'aller se soulager et malencontreusement alla vers la plante. Aussitôt un vent violent souffla en rafale et la plante miraculeuse arraché du sol s'envola.


Cuôi qui rentait eu juste le temps d'accrocher sa cogné à l'une des racines, mais la plante était plus forte que lui et l'entraîna à travers le ciel jusqu'à la lune.

Depuis ce jour Cuôi vit dans la lune avec la plante miraculeuse qui chaque année laisse tomber une seule feuille, que se disputent les poissons.

Regardez les jours de pleines lunes et vous verrez auprès d'une tache noir en forme de vieil arbre, une silhouette humaine : C'est "Cuôi au pied d'un banian".

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Jeudi 4 juin 2009

Cette légende est une des plus connues... Probablement très vieille, elle présente, autour d'un fond commun assez mince, des détails différents suivant les traditions, et il est parfois difficile de choisir entre eux.



Sous le règne du quatrième roi Hung Vuong (du troisième, disent certains), un mandarin du nom de Cao avait deux fils, Tân et Lang, qui sans être jumeaux, se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, au point que leur propre mère les confondait entre eux. Ils étaient très beaux, ils s'aimaient tendrement et on ne les voyait jamais l'un sans l'autre.

Les deux frères étaient encore jeunes (de douze à quatorze ans, disent les uns ; dix-sept et dix-huit ans, selon les autres), quand un incendie enleva leurs parents avec tous leurs biens. Se trouvant du jour au lendemain sans ressources et sans amis, ils partirent ensemble chercher du travail au loin.


Le hasard les fit frapper chez le mandarin Luu, un homme très pieux, qui avait connu leur père. Il les accueillit chez lui et se prit d'affection pour eux, d'autant qu'il n'avait point de fils, mais seulement une fille.


Bientôt il voulut la donner à l'un des orphelins. Ces derniers étaient tous deux sensibles aux attraits de la jeune fille, qui, de son côté, ne savait comment choisir entre des garcons aussi semblables de visage et d'esprit ; ils rivalisaient d'ailleurs de générosité entre eux, chacun voulant céder à son frère la main de celle qu'il commencait à aimer.



Le mandarin fit préparer par sa fille un repas à leur intention, espérant découvrir une solution au cours de la rencontre. Sur son ordre, la jeune fille apporta deux bols de bouillie de riz, avec une seule paire de baguettes et les leur présenta. Sans réfléchir, le cadet prit les baguettes et les offrit, comme il le devait, à son ainé. Le mandarin désigna ce dernier pour son gendre.


Dans son affection pour son frère et dans sa volonté de suivre son devoir, Lang triompha aisément du penchant qu'il avait pu éprouver pour celle qui devenait sa belle-soeur.


Cependant Tân, tout à son nouveau bonheur, négligea les liens du sang et délaissa Lang. Celui-ci souffrit beaucoup dans son isolement, d'autant que les sentiments qu'il nourrissait pour son frère et sa belle-soeur étaient forts et purs. Un matin, n'y tenant plus, il quitta la maison commune.


Longtemps il alla droit devant lui, insensible à la fatigue, jusqu'au moment où il rencontra un fleuve qu'il ne put traverser. Il s'assit sur la rive et, pensant à son pauvre sort, il mourut de douleur. Il fut métamorphose en une pierre.


Quand son frère s'apercut de sa disparition, il comprit et se reprocha son égoisme. Plein de remords, il partit à sa recherche ; au bout de quelques jours de marche, il parvint au bord de la même rivière. Épuisé, il s'assit par terre, à côté de la pierre, contre laquelle il s'appuya. Il fut changé en un arbre au tronc droit terminé par une touffe de feuilles.


La femme, inconsolable de son absence, partit à son tour sur ses traces. Elle réussit à se trainer jusqu'au pied de cet arbre, qu'elle embrassa pour ne pas tomber, et pleura en pensant à son mari, jusqu'à en mourir. Elle fut transformée en une plante grimpante qui s'enroula autour du tronc élancé.


Avertis par un songe, les habitants de la region élevèrent un temple à la mémoire des trois amants malheureux ; sur le fronton, on pouvait lire ces caractères : Frères unis, époux fidèles.

Plus tard, au cours de l'année de sécheresse exceptionnelle qui marqua la fin du règne du quatrième roi Hung Vuong tandis que tous les autres végétaux dépérissaient, l'arbre et sa liane demeuraient seuls verdoyants au milieu de la désolation environnante. A la nouvelle du prodige, de toutes parts les pèlerins affluèrent au temple.


Le roi lui-même s'y rendit et, ce fut alors qu'il apprit des notables du village l'histoire des trois métamorphoses. Il en fut frappé et, cherchant à pénétrer les intentions divines, il interrogea ses conseillers mais personne ne trouva de réponse. A la fin, le ministre de la justice, un grand et sage vieillard, dit au roi :


''Sire, quand on veut s'assurer de la consanguinité entre frères et soeurs, ou de la paternité d'un bâtard, on fait saigner les intéressés et l'on recueille leurs sangs dans le même bol. Si le mélange est intime après la coagulation, la réponse est positive. Nous pourrions peut-être écraser ensemble des feuilles de la plante grimpante avec un fruit de l'arbre et un fragment de cette pierre réduit en poudre ?...''

L'avis fut écouté, on chauffa la pierre, qui s'effrita, on broya le mélange, qui prit bientôt une belle couleur rouge : l'épreuve était concluante.


Le vieux ministre conseilla alors à Hung Vuong de faire répandre la culture de ces deux plantes, et elles devinrent, sous les noms d'aréquier et de bétel, le symbole de l'amour fraternel et de l'amour conjugal. On commenca par faire mâcher les feuilles et les noix, avec un peu de chaux, par les jeunes mariés ou par les frères et soeurs, afin d'entretenir l'affection commune. Puis, l'habitude se propagea très vite de chiquer, dans toutes les rencontres, entre gens qui se connaissent ou veulent ''faire connaissance''.

De nos jours, on trouve encore, surtout à la campagne, des amateurs pour ce mélange un peu grisant, qui peut paraitre amer pour un étranger, mais qui réserve à ses derniers amis sa fraicheur, son parfum et sa douceur mariée à sa légère amertume.


Si la chique de bêtel était ainsi devenue l'entrée en matière de toute conversation, comme disait le vieil adage rythmé, l'usage en était particulièrement observé à l'occasion des grands événements de la vie : naissance, mariage, décès, ainsi que dans toutes les cérémonies religieuses, publiques ou privées. Pour un mort, un ancêtre, une divinité, la chique de bétel constituait, avec le bol d'eau fraiche, l'offrande la plus pure. Mais c'était autour du mariage et de l'amour que la coutume gardait sa signification première. Traditionnellement, tout entretien galant commencait par l'offre d'une chique de bêtel ; entre personnes de. sexes différents, c'était une invitation et une avance. En l'acceptant, vous vous engagiez, plus ou moins suivant les circonstances.

Il fallait donc savoir refuser,
 à l'occasion, comme la jeune fille de la chanson :



Ce matin, je vais cueillir du murier
Je rencontre deux pécheurs assis sur une pierre.
Tous deux se lèvent et m'adressent la parole :
''Où va-t-on de ce pas rapide, la belle ?
-- Messieurs, je vais cueillir du murier.''
Tous deux ouvrent leur sac et m'offrent du bétel.''
Messieurs, mes parents me l'ont bien répété :
Une jeune fille n'accepte pas le bétel d'un étranger. ''



Dans les fiancailles, le bétel et la noix d'arec présentés par les parents du jeune homme étaient distribués par la famille de la fiancée à tous leurs parents et amis, pour annoncer la bonne nouvelle. Si dans la suite, pour une raison quelconque, on revenait sur sa promesse, on devait restituer ces cadeaux rituels, tout comme ailleurs une jeune fille qui reprend sa parole renvoie la bague de fiancailles. Pour les noces, les mêmes pièces essentielles figuraient à leur place et, même de, nos jours, s'il vous arrive de rencontrer un cortège à l'ancienne mode, vous pouvez voix encore les porteurs de grands plateaux ronds, en équilibre sur leurs têtes, chargés de régimes de noix d'arec et de feuilles de bétel, et recouverts d'une serviette rouge, couleur de félicité.

Autrefois, vous ne pouviez pas entrer dans une maison  sans trouver, sur le lit de camp de réception, la grande boite ronde laquée de rouge ou incrustée de nacre qu'on ouvrait dès que vous étiez assis. Elle offrait, bien rangés dans les petits compartiments d'un plateau mobile, tous les éléments et accessoires de la chique de bétel : noix fraiches découpées en quartiers succulents, noix sèches dorées aux bords gracieusement recourbés vers leur coeur de graine brune, et, indispensables voisines -- vert clair tirant vers le jaune ou vert foncé, grave et sur -- les feuilles de bétel enroulées, sagement couchées comme vos cigarettes, en étages réguliers ; à côté, voici de la ''racine'' taillée en lames roses ; enfin le minuscule étui à chaux, souvent d'argent, avec sa curette fine pour la pâte d'un blanc pur... Sous le plateau, dans le ventre de la boite, dormaient en réserve des feuilles de bétel, des noix intactes sous leur écorce verte, avec un couteau rectangulaire, large et court, tranchant comme un rasoir, et la petite serviette rouge pour l'essuyer.

Tout Vietnamien qui a atteint aujourd'hui un certain âge, a pu voir, dans son enfance, sa mère enseigner a ses soeurs à préparer la chique de bétel : comment enlever la tête de la noix d'arec et son écorce ; la trancher ensuite en quartiers bien nets en la tenant fortement et délicatement à la fois dans le creux formé par l'extrêmité des doigts de la main gauche; comment couper les deux côtés de la feuille de bétel avant de l'enrouler en commencant par la pointe, pour la fermer ensuite avec son propre pétiole taillé en biseau et piqué en son milieu sans oublier de la beurrer auparavant, à l'intérieur, d'une parcelle de chaux bien dosée. Dans certaines familles, les jeunes filles savaient donner à la feuille des formes variées (''en ailes de phénix'', par exemple); mais on pouvait montrer toute son habileté dans la confection d'un morceau ordinaire : en cylindre régulier, de dimensions agréables à l'oeil, doux et ferme au toucher, d'une élasticité égale dans toutes ses parties.

De nos jours, l'usage et le rite du bétel tend à disparaitre dans les villes, en même temps que l'antique coutume des dents teintes en noir. Nos jeunes filles, si elles apprennent encore un peu de pâtisserie, avec la couture et la cuisine sans compter les programmes intellectuels ne s'exercent plus dans l'art désuet d'arranger un plateau harmonieux. Aussi bien, aucun jeune homme ne leur tendra plus, comme gage de sa foi sincère, la forte branche d'aréquier enlacée à la fraiche liane de bétel.




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Mercredi 3 juin 2009

A
utrefois vivait une jeune fille du nom de Thi Kinh. Célèbre par sa beauté, elle voyait se presser à sa porte les prétendants les plus riches et les plus brillants. Mais dans sa soif de se dévouer, Thi Kinh les refusa tous pour choisir un homme sans fortune et sans attraits.


Le ménage dut mener une vie difficile, mais la jeune femme accomplissait avec joie les plus dures besognes, trouvant son bonheur dans une affection fidèle et grave.


Une après-midi, elle interrompit un instant son travail pour regarder son mari qui somnolait. Elle remarqua sur son menton un poil de barbe qui poussait à rebours et eut l'idée de l'enlever. Prenant un couteau bien tranchant, elle l'approcha du visage endormi. Soudain réveillé, l'époux eut peur, s'agita et se blessa légèrement. Il se mit à crier, appela à l'aide, accusant sa femme de vouloir attenter à ses jours.


D'abord surprise puis décue et accablée, devant son mari en fureur et les voisins hostiles, la pauvre Thi Kinh ne sut que dire. Dans sa faiblesse et dans sa douleur elle garda le silence. On prit cette résignation pour un aveu et son mari la chassa.


Personne n'eut pitié d'elle. Ses anciens amis se détournèrent à son approche. Les prétendants éconduits et les femmes qui ne lui pardonnaient pas sa beauté, l'insultèrent à l'envie. Sa propre famille la renia.

Méprisée de tous, Thi Kinh choisit la voie de l'oubli et du renoncement. Après avoir revêtu des habits d'homme, elle se rendit dans une pagode pour demander à entrer dans la communauté des bonzes.


Parmi les fidèles qui fréquentaient la pagode, une jeune fille ne tarda pas à remarquer la beauté de Thi Kinh, malgré l'humilité du vêtement religieux. Elle chercha vainement à attirer son attention. Un jour, elle l'aborda et lui parla sans pudeur. Aux premiers mots, Thi Kinh l'arrêta en la priant de respecter ses voeux.
De dépit, la folle jeune fille se donna à un homme qui la courtisait. Elle devint mère. Quand l'enfant vint au monde, elle le mit dans un panier et le déposa à la pagode, avec une lettre accusant Thi Kinh d'en être le père.


Pendant que le Supérieur lisait la lettre, entouré de tous les bonzes, l'enfant se mit à crier. Thi Kinh se pencha et, de ses mains de femme, souleva l'enfant pour le bercer. L'on se méprit sur ce geste naturel, qui confirma aux yeux de tous l'odieuse accusation. Elle fut chassée de la communauté.
Un moment la pauvre femme fut tentée de mettre fin à ses jours. Mais elle eut pitié de l'enfant abandonné et se résigna à son sort. Elle mendia pour le nourrir et c'est ainsi qu'elle vécut pendant des années, errant par les routes, l'enfant dans ses bras et son bol à la main.


A la fin, quand elle sentit ses forces la trahir, elle se traina jusqu'à la pagode et frappa pour la dernière fois à la porte de Bouddha. En quelques mots, elle raconta au Supérieur ses longs malheurs, demandant qu'aucun tort ne fut fait à tous ceux qui en cause. Elle le pria de lui pardonner son déguisement, et confessa qu'elle était encore trop attachée à la terre et à elle-même du temps où elle se trouvait heureuse avec son mari. Puis elle s'éteignit en lui confiant l'enfant qui était devenu le sien.

Quand il apprit l'histoire de Thi Kinh, l'Empereur  fut frappé d'admiration pour sa pureté et son abnégation. Par décret imperial, il l'éleva au rang de divinité, avec le titre de ''Quan Am Tông Tu'' la Miséricordieuse Protectrice des Enfants. Son culte se répandit dans tout l'Extrême Orient.


Lire cette légende en Vietnamien

Voici une des nombreuses représentations
de la déesse Quan Am



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